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_MG_2729Bienvenue sur le site Photo-Phonographie de Thierry Moulat et Véronique Popinet

« Ex sans papiers » à la MJC de GIVORS

IMG_6640bdNotre travail sur les sans-papiers et sur la manif de VICHY a été diffusé à la MJC de GIVORS du 3 au 16 octobre.

« Viens les filles! » au lycée CARNOT

CRW_0797Le film « Viens les filles ! » a été diffusé le 13 octobre à des élèves de seconde du Lycée CARNOT, à ROANNE, en présence d’Isabelle JANIN.

Exposition collective « Avec les sans-papiers » à RIORGES

photoexpobeaulieuNotre travail sur les sans-papiers et la manif de VICHY a été diffusé dans le cadre d’une exposition collective RESF au Château de Beaulieu à RIORGES du 4 au 12 septembre.

Viens les filles !

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De septembre 2008 à mai 2009, nous avons suivi Isabelle Janin dans sa vie d’agricultrice bio : de l’estive aux agnelages, en passant par la vente directe et l’abattoir…

Cette œuvre, d’une durée de 29 minutes, répond à un appel à projet lancé par l’association Polyculture dans le cadre du cycle d’art contemporain annuel 2009 de la ferme d’élevage de Vernand à Fourneaux  (42), dont la seule contrainte était de s’inspirer librement du site.

Ce portrait au long cours permet de sortir des clichés sur les agriculteurs conventionnels ou biologiques : vision folklorique, nostalgique du « retour à la terre » ou au contraire vision ironique d’une agriculture bio issue de néo-ruraux rêveurs, en dehors des réalités du terrain. Il a été réalisé de façon indépendante, les prises de son et les photographies ayant été faites à des moments différents.

Notre démarche est en effet, d’une part, de tenter de rendre possible la rencontre avec une personne en laissant une relation duelle s’installer. L’appareil photo ou les micros se font d’autant mieux oublier que l’on est seul avec son interlocuteur !

D’autre part, la démarche n’est pas de faire « coller » les images au son, ou vice-versa, dans un but pédagogique ou documentaire, mais plutôt de s’inspirer du sonore pour construire le visuel de façon sensible et intuitive.

Le mode n’est ni narratif ni linéaire. Il n’y a pas forcément de correspondance directe entre ce que l’on entend et ce que l’on voit, mais plutôt des suggestions visuelles créées par le son.

Le montage des photos a ainsi été effectué une fois la bande son établie.

Enfin, le « paysage » environnant Isabelle (saisons, bâtiments, machines, relations hommes et bêtes…) est tout aussi évocateur de son identité et de son activité d’agricultrice que sa parole même.

Parcours d’art contemporain POLYCULTURE

CRW_0797« Viens les filles ! » a été diffusé lors du Parcours d’art contemporain les 30 et 31 mai à la ferme d’élevage d’Isabelle JANIN de Vernand (FOURNEAUX).

Au programme : 27 interventions artistiques dans tous les domaines (arts plastiques, photographie, phonographie, musique, danse, sculpture, peinture, installations…) et près de 1 500 visiteurs.

Expo collective RESF « Avec les sans-papiers » à la médiathèque de ROANNE

40x60affichebassedefNotre travail sur les sans-papiers et la manif de VICHY a été exposé à la médiathque de ROANNE du 25 avril au 23 mai, dans le cadre de l’exposition collective RESF « Avec les sans-papiers », aux côtés de Christiane BERTI (mail art), Pascale DESROCHES-DAUDEL (peinture), Franck MARRO (bande dessinée) avec les interventions lors du vernissage de la compagnie SCRIBOUILLE (lectures de témoignages) et Mireille PORCELLANA ( »La Glaneuse »).

Le vernissage de cette exposition a été précédé d’un défilé dans les rues de ROANNE le 25 avril avec la fanfare BANANIM’ TA VIE, les danseurs de VALIZTRANSIT et la chorale révolutionnaire.

Ex sans-papiers

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Le terme générique même de « sans-papiers » recouvre des réalités diverses concernant les personnes qu’il désigne et les politiques associées. Ce terme flou, porteur d’une négation, représente l’ambivalence du regard porté sur ces personnes, entre suspicion et compassion, regard qui détermine la réponse politique et sociale qui leur est apportée.

Qui sont les sans-papiers ? Eclaircir ce terme permet d’éviter les amalgames douteux et de mieux comprendre les réalités et les enjeux qui les concernent dans notre société.

Pour certains, les sans-papiers représentent au pire une menace ou au mieux des profiteurs de notre système et sont de toute façon à exclure, alors que pour d’autres ils sont des victimes à double titre que nous devons protéger, des clandestins responsables de leur condition et de leur illégalité ou des victimes de l’instabilité dans leur pays d’origine et des politiques de plus en plus défiantes par rapport aux immigrés en Europe et en France en particulier.

Quand on est sans-papiers la vie s’arrête (ni le droit d’étudier, ni le droit de travailler…). Elle est comme suspendue.

Ensuite, il faut réapprendre à vivre, repartir de zéro, laisser son passé, souvent sa famille, ses origines, parfois même sa culture derrière soi : refaire des papiers, demander les aides sociales, prendre des cours de français, trouver un logement, passer ou repasser le permis de conduire, chercher et finalement accepter un travail qui souvent ne correspond pas à son niveau de qualification et au parcours professionnel du pays d’origine.

L’entourage familial et social est alors primordial pour entrer dans la vie réelle.
Souvent des liens forts se sont tissés entre les travailleurs sociaux et les membres associatifs lors de l’accompagnement qui va bien au-delà des seules démarches administratives pour la régularisation, liens qui perdurent ensuite.

Passerelle entre la vie passée et la vie actuelle et future, les enfants ont un rôle central. Contrairement à leurs parents, ils ont pu être socialement intégrés par la scolarisation dès leur arrivée sur le territoire français. Beaucoup de responsabilités pèsent sur eux : ils assistent souvent leurs parents dans les démarches administratives, servent d’interprètes. Les rôles s’inversent…

Il est dur pour les parents de les voir oublier leur langue, leur pays d’origine, mais ils sont porteurs d’espoir et de fierté. Leur réussite scolaire et sociale est reconnue et attendue, elle peut justifier à elle seule l’exil vécu si douloureusement par les parents.

Ce travail est issue de la rencontre avec une dizaine de familles et de personnes régularisées au cours des dernières années dans l’agglomération roannaise.
Ils sont originaires d’Afghanistan, d’Albanie, d’Angola, d’Arménie, de Bosnie, du Congo, du Kosovo, de Mauritanie, du Rwanda, de Tchétchénie… Ils ont fui leur pays à cause de la guerre, des persécutions dont ils étaient l’objet pour leur appartenance à une ethnie, à une religion… Après des mois, des années d’angoisse, des moments de désespoir, ils ont obtenu leurs papiers et pour certains, la nationalité française…
Merci pour leur accueil et leur confiance.

Manifestation et contre sommet de Vichy le 3 novembre 2008

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Les 3 et 4 novembre 2008, la présidence française de L’Union Européenne réunit à Vichy, à l’initiative de Brice Hortefeux, ministre français de l’immigration et de l’identité nationale, l’ensemble des 27 ministres européens de l’Intérieur et de la Justice. Le but affiché de cette conférence : l’harmonisation, à l’initiative de la France, de leurs politiques sur « l’intégration » des immigrés. Un euphémisme qui a du mal à masquer une politique européenne de l’immigration de plus en plus dure, sous l’impulsion du gouvernement Sarkozy, dans la lignée de « la directive de la honte » conseillant l’emprisonnement des personnes sans papiers jusqu’à 18 mois dans les centres de rétention et des interdictions de territoire européen de 5 ans pour les expulsés. Dans ce contexte, le choix de la ville de Vichy sonne comme une provocation.

Un Contre Sommet a lieu en parallèle à Vichy et Cusset les 2 et 3 novembre 2007, ainsi qu’une manifestation sous haute surveillance policière qui réunit associations, syndicats et partis de gauche dans un collectif « Pour une Europe respectueuse des Droits de l’Homme » et notamment pour la défense des sans-papiers. Depuis plusieurs semaines à Vichy, le dispositif de sécurité se prépare massivement, avec le déploiement d’un arsenal disproportionné le jour de la manifestation (pas moins de 800 représentants des forces de l’ordre, CRS, Brigade Anti Criminalité, brigade montée, policiers en civils… pour 2000 manifestants selon la préfecture). Les trains depuis Paris ont été bloqués par la police, ainsi qu’un certain nombre de bus en provenance de Grenoble, Lyon…

Le cortège de la manifestation compte officiellement 2000 manifestants, son organisation est connue des autorités et le trajet a été déposé et accepté en préfecture. Le cortège est calme au départ, même si une partie des manifestants ne souhaite pas se cantonner à un simple défilé et a pour stratégie annoncée de dépasser le périmètre de sécurité et de perturber le sommet officiel. La tension monte d’un cran alors que le cortège est stoppé rue de Paris sur le trajet prévu par un cordon de CRS retranché derrière des barrières anti-émeutes. La manifestation est « tiraillée » entre groupes institutionnels qui appellent au calme et manifestants autonomes qui tentent de forcer le passage. Mais la répression policière ne se fait pas attendre : les bombes lacrymogènes pleuvent. Sous la charge des CRS, les manifestants se dispersent et sont contraints de se replier devant la gare puis à Cusset pour le meeting, toujours « escortés » par les forces de l’ordre et sous les projecteurs des hélicoptères. Des barricades sont mises en place pour empêcher la progression des forces de l’ordre, des voitures incendiées.
Des interpellations musclées ont lieu en fin de cortège, dont certaines, selon plusieurs témoignages concordants, de façon totalement arbitraire.

Le meeting officiel réunissant le collectif se tient à l’espace Chambon à Cusset dans une atmosphère surréaliste : les institutionnels imperturbables dans la salle de conférence, à peine interrompus par les revendications des manifestants autonomes qui appellent à la solidarité envers leurs camarades arrêtés, alors qu’à l’extérieur de la salle, règne une ambiance de siège. Les forces de l’ordre sont aux portes du parc avec bombes lacrymogènes, lances à eau et tirs de flash balls…

Etaient présents au meeting de Cusset :
Catherine GUYQUINT (PS), Cécile DUFLOT (Les Verts), Florimond GUIMARD et Corinne MIALON (RESF), Anne LECLERC et Alain LAFFONT (LCR/NPA), Gilles LEMAIRE (ATTAC), Mireille SCHURCH et Francis WURTZ (PCF), Serge BRUGIERE (CGT), Jean-Michel DREVON (FSU), Catherine LEBRUN (Solidaires), Jean Claude MAIRAL (ANECR), Roger LE GUILLOU (LDH), la CIMADE, Collectif Citoyen Thiernois, Union Juive Française pour la Paix, Secours Populaire, Horizon, etc …

Dans les médias, l’accent est mis sur les « dérapages » de la manifestation par quelques « casseurs » isolés. Les revendications du contre sommet sont à peine relayées. Bien sûr, les élections américaines sont en tête d’affiche et en ces temps de crise financière mondiale, de baisse du pouvoir d’achat et de récession économique annoncée, le durcissement de la politique de l’immigration en France et en Europe arrive à point nommée, dans l’indifférence ou l’acceptation générale…

La manifestation du 3 novembre illustre la montée en puissance du couple contestation / oppression : face à une politique de plus en plus discriminatoire et autoritaire, la contestation sociale s’affirme sur le terrain, contestation à laquelle répond une répression des forces de l’ordre de plus en plus dure.

Oppression, discrimination, marginalisation, voire criminalisation des mouvements sociaux, surrenchère de la présence policière, répression, désinformation… : France « terre d’asile » ?? France « état de droit » ??

Tréfond : un projet de CSDU en zone rurale

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Au printemps 2003, un projet de centre de traitement des déchets à Saint-Priest-la-Roche (42) – commune rurale de 270 habitants à 23 km de Roanne -, sur le lieu-dit « Tréfond », vient à la connaissance du public.

Ce CSDU (Centre de Stockage de Déchets Ultimes) serait destiné à recevoir chaque année 85 000 tonnes de déchets ménagers (et assimilés) et de déchets industriels banals en provenance de l’arrondissement de Roanne, sous contrat de délégation de service public, sur une période de 25 ans minimum d’exploitation.

Emerge alors une réaction locale qui a pu être qualifiée d’attitude « NIMBYiste » par ses détracteurs. Le terme anglophone « NIMBY » (acronyme pour « Not In My Backyard », qui signifie littéralement « pas dans mon jardin ») désigne des discours et des pratiques d’opposition de populations riveraines à l’implantation d’une nouvelle installation telle que décharge, centrale, autoroute… Le phénomène NIMBY est souvent connoté négativement : il stigmatise l’égoïsme des résidents à travers leur refus d’assumer les coûts et les nuisances d’infrastructures qui profiteraient à l’ensemble de la communauté.

En revanche, le NIMBYisme peut être considéré comme l’expresssion d’une vigilance des citoyens attachés au respect de leur environnement et des règles démocratiques du jeu politique, économique et social. (*)

L’hiver 2007-2008, nous avons rencontré les riverains du site. A travers ce témoignage photographique et sonore, ces derniers parlent de leur implication dans ce territoire rural, mais également de leur positionnement et de leurs arguments quant au projet de CSDU. De façon plus globale, ils livrent leur questionnement et leurs propositions sur la gestion des déchets dans notre société.

Nous avons finalement rencontré une vingtaine de personne, parmi une population riveraine en majorité opposée ou tout au moins réservée quant à ce projet. Les riverains favorables que nous avons contactés n’ont malheureusement pas tenu à s’exprimer…

(*) Voir Jacques ION, sociologue, directeur de recherche au CNRS, article dans Sciences Humaines « La France en débats », HS n°39, 2003

Voir le site internet du projet Tréfond